Croisement travaux réalisés vs incidents/coupures
Croisement travaux réalisés vs incidents/coupures
Vérifie si les 179 chantiers recensés (2023-2026) ont eu un effet observable sur les incidents et coupures documentés (43 lignes), en croisant les deux jeux de données par commune et par date.
Étape 1 — Extraction des feuilles
Le fichier travaux complet compte en réalité 387 lignes, pas seulement les 179 chantiers 2023-2026 : il inclut aussi les 89 opérations du plan PSAEP 2014 et les 119 opérations officiellement codifiées du PPI (RAEP/RESS/EXPL/ASS + Phase 1). L’analyse ci-dessous porte sur l’ensemble.
| Feuille | Lignes | Champs disponibles |
|---|---|---|
| Incidents (coupures, communiqués, interdictions, arrêtés) | 43 | Date (jour), commune, titre, catégorie, source |
| Travaux — 2014 (PSAEP) | 89 | Commune, opération, délai annoncé (pas une date), coût |
| Travaux — 2023-2026 | 179 | Commune, projet, statut, coût, financeur, notes |
| Travaux — PPI officiel codifié (2025) | 119 | Code, commune déduite, action, maître d’ouvrage |
Étape 2 — Vérification de la granularité réelle, sur les 387 lignes
Premier passage automatisé, corrigé après double vérification : une première recherche de motif « année à 4 chiffres » indiquait à tort 100% de couverture sur les lots 2014 et PPI codifié. En y regardant de plus près, ces « dates » étaient un faux positif — le millésime du plan (« 2014 ») et la date de publication de la carte source (« septembre 2025 ») sont répétés identiquement sur toutes les lignes de leur lot, sans indiquer la date réelle de chaque opération. Une fois ce texte générique exclu :
| Lot | Lignes | Avec année propre à l’opération | Avec date complète |
|---|---|---|---|
| 2014 (PSAEP) | 89 | 0 (délai annoncé seulement) | 0 |
| 2023-2026 | 179 | 20 (11%) | 4 (2%) |
| PPI officiel codifié | 119 | 0 (statut figé à date de carte) | 0 |
| Total | 387 | 20 (5%) | 4 (1%) |
Verdict, renforcé par cette vérification élargie : le croisement par date est structurellement invalide pour 95% des opérations recensées, tous plans confondus. Le plan 2014 et les codes PPI officiels n’apportent aucune date d’exécution exploitable — seulement des intentions (délais annoncés) ou des statuts figés à la date de publication d’une carte, jamais une date d’événement.
Sur le plan communal (sans date) : 15 communes sur 17 concernées par au moins un incident ont aussi au moins un chantier recensé (période 2023-2026) — ce chiffre ne dit rien sur l’efficacité des travaux, seulement sur leur coexistence géographique.
Étape 3 — Croisement sur les 4 chantiers réellement datés
Aucun incident recensé dans notre échantillon à cette période (couverture incidents trop clairsemée avant 2024).
Pas de comparaison possible
Incident trouvé : Interdiction baignade Rivière Ferry, +84 jours après.
Mais : le chantier concerne le réseau d’eau potable (fuite canalisation) ; l’incident suivant concerne une contamination bactériologique d’origine assainissement (rejet eaux usées, cause déclarée par la préfecture). Deux systèmes, deux causes différentes.
Aucun lien causal plausible
⚠️ Doublon — c’est le même événement que l’incident « Caféière » déjà compté dans la feuille incidents (communiqué n°221557).
Auto-référence, pas une comparaison
⚠️ Doublon — même événement que l’incident déjà compté dans la feuille incidents.
Auto-référence, pas une comparaison
Constat central : la duplication interne des données
Sur les 4 chantiers datés, 2 ne sont pas des « travaux » distincts d’un incident — ce sont le même événement, compté une fois dans chaque feuille (les entrées « Incident technique Caféière » et « Pénurie Petite Anse » avaient été classées comme travaux de type « Maintenance/Réparation » tout en étant, dans les faits, des communiqués de coupure). Ce n’est pas une relation causale travaux→résolution, c’est une auto-référence.
Il ne reste donc qu’un seul cas potentiellement exploitable — celui de Deshaies (avril 2026) — et il ne résiste pas à l’examen : deux systèmes différents (eau potable vs assainissement), donc aucun lien causal plausible, même à titre de corrélation faible.
Conclusion
Le croisement demandé ne peut pas être mené de façon rigoureuse avec les données actuellement disponibles. Ce n’est pas un échec de méthode, c’est un résultat en soi : l’absence quasi-totale de dates sur les chantiers SMGEAG rend impossible toute évaluation d’impact temporel à partir des seules sources publiques consultées.
Ce qu’on peut affirmer, avec le niveau de preuve qui convient :
- Fait établi : sur 387 opérations recensées tous plans confondus (2014 + 2023-2026 + PPI codifié), seules 4 portent une date exploitable propre à l’opération — un taux de traçabilité temporelle de 1%. Le plan 2014 et les 119 codes PPI officiels n’apportent aucune date d’exécution du tout.
- Fait établi : deux de ces quatre chantiers « datés » sont en réalité des doublons d’incidents déjà comptés ailleurs.
- Aucune corrélation exploitable n’a pu être établie entre un chantier terminé et une amélioration ou dégradation postérieure mesurable.
- Ce résultat négatif renforce le constat déjà établi ailleurs dans ce dossier : la qualité de l’information disponible est elle-même un symptôme du problème de connaissance patrimoniale du réseau.
Ce qu’il faudrait pour rendre ce croisement possible : que le SMGEAG (ou Archipel’Eau) publie des dates de début et de fin réelles pour chaque chantier — actuellement absentes de toutes les sources consultées.
